La première culture serait celle du "pays passeport", la seconde culture celle du "pays d'accueil". Contrairement à ce que nombre de personnes pensent, la culture tierce (ou troisième culture) n'est pas un mélange de la première et la seconde culture. La culture tierce se développerait en parallèle à la première et deuxième culture et se définit davantage comme une culture propre au monde des expatriés et de l'expatriation.
La question qui se pose actuellement est celle de la pertinence de l'utilisation du terme de "culture" pour désigner cette population. Tous les expatriés partagent-ils la même culture? Transmettent-ils cette culture à leurs enfants? Créé il y a plus de 50 ans le concept de TcK n'a jamais été repensé, approfondi. Elaboré à la base en s'appuyant exclusivement sur des populations anglophones, et des élèves fréquentant des écoles internationales certains auteurs (Ilmö) lui reprochent d'être trop "ethnocentrique".
Par ailleurs, même dans les écoles internationales les enfants ont tendance à se regrouper en fonction de certains critères. Ainsi, l’étude menée par Willis & al. (1994) met en évidence que les deux tiers des élèves d’une école internationale ne revendiquent pas une mixité culturelle, mais, au contraire, se considèrent d’une culture unique. D'autres recherches ont mis en évidence que les élèves se regroupent entre eux en fonction de leur langue première, recréant ainsi un micro-monde au sein d’un espace international.
Ce n'est donc pas tant la question de la culture qui est touchée mais celles:
- de l'identité (personnelle et sociale);
- des apprentissages et des connaissances;
- de la cohérence que le jeune donne à son parcours de vie malgré la diversité des lieux et des situations auxquels il est confronté.
Se focaliser sur le terme de culture occulte les vrais défis auxquels se trouvent confrontés les jeunes en itinérance géographique. Mais aussi les ressources mobilisées pour y faire face. Si ces ressources peuvent être internes à l'individu elles sont aussi fournies par l'environnement social et culturel du jeune. C'est cette approche que j'ai retenue pour mener mes recherches sur les enfants en itinérance géographique,

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